RSS

Document, donnée, information, connaissance, savoir

30 Avr

Dans l’énumération de ce titre, la notion d’information est flanquée de deux autres notions qui lui sont proches, sans jamais se recouvrir. Nous proposons de les identifier chacune afin de bien repérer leur rôle, puis de saisir leurs relations.

Document Qu’est-ce qu’un document ? Comment peut-on définir le plus sûrement un document ? On serait tenté de répondre qu’il s’agit d’un papier sur lequel sont consignées des informations. C’est un peu réducteur et un peu rapide. Mais cette première approche nous donne deux pistes : le rapport entre document et information, et aussi le fait qu’un document est un support d’information. Le document est avant tout un support. On peut le définir génériquement comme un objet porteur d’information. On échappera ainsi à la tyrannie du document papier. Car il est bien d’autres supports.

Ainsi en est-il d’une carotte géologique (résultat d’un forage exploratoire) qui, elle aussi, est porteuse d’informations propres à être analysées et décryptées par des géologues. Une image est aussi un document, même si celle-ci est réalisée sur toile (peinture) ou sur tout autre support (fresque sur un mur, sculpture sur bois, dans le marbre, etc.). Document par nature Dans la plupart des cas, ce qu’on nomme couramment document sera le document par nature. Un livre est un document par nature. Il est de la nature d’un livre de porter de l’information. Mais il peut devenir objet par destination : le vieux code civil qui va servir à caler l’armoire de la grand-mère (1) ! Document par destination (2) A l’inverse, un objet banal peut devenir document par destination. L’exemple le plus simple sera le lourd presse-papier posé sur le bureau de la victime d’un crime. C’est un objet banal. Mais il est aux yeux de la police scientifique un document par destination en tant qu’il est porteur de données (empreintes digitales susceptibles d’établir qui s’en est saisi pour estourbir la victime…). Un verre d’eau peut être un objet banal servant à désaltérer, mais peut aussi révéler après analyse, une quantité impressionnante d’informations sur la nature et la composition du liquide. Donnée Notion de donnée Il n’est pas certain qu’un document soit directement porteur d’information… L’exemple de la carotte géologique nous aide à comprendre qu’un document peut ne porter que des éléments propres à être identifiés comme porteurs d’informations significatives. En effet, cet extrait du sol va révéler des données qui, après analyse, vont donner du sens à celles-ci, ce qui s’appellera de l’information. Cette définition vaut pour tout document. Un simple papier, porteur d’un texte peut aussi s’analyser comme porteur de données (les signes alphabétiques) interprétables de manière à donner du sens : des mots du langage. Les signes sur le papier assemblés en mots sont décryptés par toute personne possédant les clés : la capacité de lire et la maîtrise de la langue (et de l’alphabet) en question. Il est donc un intermédiaire entre document et information, la donnée. Ces données sont d’ordinaire si vite analysées et assimilées par le cerveau qu’on ne prend pas le temps de décomposer le processus. Au sein de ces données, il est pourtant possible de sous-diviser encore les éléments. Donnée d’information Les données d’information (3) sont les plus petits éléments d’information portés par des données. Exemple : 17. Ce chiffre en soi n’a aucune signification particulière ; il est cependant indispensable à la communication d’une information. Mais il conviendra de le croiser avec d’autres données d’information pour qu’il prenne un sens. Dans notre exemple : degrés – degrés Celsius – relevé sous abri – à 18 – 18 heures – à la station météo de Paris Montsouris. L’ensemble de ces données assemblé en groupes par l’esprit humain donne plusieurs niveaux d’information : 17° C – relevé à 18 h, sous abri, à Paris Montsouris. Information L’information est donc cet ensemble de données intelligible, qui prend un sens. À ce sujet, il est possible de distinguer une définition objective et une définition subjective de l’information. Connaissance Une fois décryptées les données et après leur avoir restitué le sens informatif, il reste à structurer ces informations en vue de leur conférer un sens plus large, le seul qui ait été vécu comme tel et comme valable pendant des millénaires : la connaissance. L’information en soi n’a donc qu’un intérêt très relatif. Elle ne vaudra que parce qu’elle sert de marchepied pour accéder à la connaissance. L’information n’en est seulement que le vecteur ; tout comme le document est celui de l’information. Un faisceau d’informations permet de constituer, de reconstituer ou d’enrichir une connaissance sur un sujet. Cette notion recouvre aujourd’hui l’importance qu’elle avait eue pendant des millénaires ; elle s’était éclipsée depuis l’isolement du concept d’information au milieu du XXème siècle. Et ceci pour des raisons évidentes. Si l’on s’intéresse à l’information, si on bâtit une société mondiale sur ce concept, ce n’est pas pour sa beauté, mais c’est bien parce qu’elle est porteuse d’un sens se transformant en connaissance. Ainsi, après avoir entonné l’hymne à la gloire des bases de données pendant toute la période d’adolescence de l’informatique, et spécialement de ce qu’on appellera l’informatique du contenu (cf. Informatique documentaire), on aboutit – nous serions tentés de dire enfin – à la notion fort riche et stimulante de base de connaissances, par delà celle de gestion des connaissances (Knowledge management en anglais).

On met ainsi l’accent sur non pas sur les informations brutes, mais bien sur la connaissance véhiculée. Savoir Un ensemble organisé de connaissances constitue un savoir. Sur un plan de gestion de l’information et des connaissances, si l’on parvient à modéliser cette organisation en un savoir identifiable, on est capable de construire, par delà des bases de connaissances, des systèmes experts, applications d’une discipline plus large, appelée intelligence artificielle. On sait aujourd’hui que l’intelligence humaine n’est pas, en l’état actuel des sciences et techniques, entièrement modélisable. Sur un plan purement humaniste nous sommes tentés de dire : heureusement ! L’esprit humain ne peut être totalement remplacé par un robot. D’ailleurs, l’être humain n’est pas remplaçable…

 
 

Étiquettes : , ,

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :